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samedi 9 août 2008

La Banque en folie


Décidément , rien ne va plus avec la Banque réseau. Depuis janvier, on l’a réduite à sa plus simple expression: une liste de noms qui se trimballe par fax de Brennan vers les arrondissements. Et pendant que les arrondissements s’acharnaient à la mettre en pièces, ils se concoctaient des petites réserves d’auxiliaires à travers des formations dans les bibliothèques qui relevaient de leur « autorité ». [1]

Ainsi, en mai, au moment de faire les blocs d’heures pour la session d’été, les bibliothécaires se sont retrouvés avec des listes datées du 18 avril et qui comportaient tellement d’erreur dans l’attribution des ports d’attache qu’il semblait évident qu’il ne se faisait plus de véritable suivi à ce qu’on appelle encore la Banque réseau, faute de mieux.[2]

Suite à une série de plaintes sur des cas litigieux, voilà qu’au début juillet, parvient dans les bibliothèques une nouvelle liste que l’on dit corrigée.[3] Elle est toujours datée du 18 avril. Bien que l’on retrouve sur cette liste certaines corrections, personne ne sait vraiment si elle constitue une véritable révision de la liste précédente (auquel cas, il aurait fallu, dans certaines bibliothèques refaire l’attribution des blocs) ou s’il s’agit simplement de la nouvelle liste suite à l’attribution des blocs pour l’été.

Il y a deux choses dont on est sûr: la date (toujours le 18 avril) et le nombres d’heures attribués aux auxiliaires et qui, dans les deux listes n’a pas changé.

Arrive le moment où il faut distribuer les blocs d’heures pour la période de

l’automne. La seule liste que l’on possède, c’est toujours la liste révisée envoyée en juillet avec des heures que nous présumons comptabilisées en avril. Nous savons tous l’importance que peut revêtir une différence d’une heure entre deux auxiliaires lors de l’attribution des blocs. Alors, plaintes et re-plaintes.

Le 10 août arrive enfin une liste où les heures travaillées semblent avoir été comptabilisées correctement. La distribution pourra se faire. Mais voilà qu’une surprise de taille attend les auxiliaires de l’arrondissement du Bonheur durable (AH-CA). La liste des ports d’attache comprend des noms de personnes qui n’ont jamais eu de blocs d’heures[4] dans les bibliothèques de l’arrondissement.

Vérification auprès de l’arrondissement qui dit ne pas vouloir perdre des auxiliaires qu’il a formé et en avoir informé le responsable de la liste qui, pour lui complaire, leur a octroyé des ports d’attache.[5] On rappelle à ce responsable l’existence de la Lettre d’entente qui détermine l’attribution du port d’attache et, en plus, on lui fait remarquer que les noms ajoutés pourraient se voir donner des heures à la place de personnes qui sont déjà en place et que, par conséquent, il s’expose à des dépôts de griefs.

Après quelques tergiversations de sa part, une deuxième version de la liste du 10 août est envoyée remédiant, pour l’instant, à ce problème.

Décidément , rien ne va plus avec la Banque réseau.



[1] Un peu confondant comme fin de phrase. Peut-être serait-il plus limpide de finir la phrase là… ou d’ajouter, après réserves et entre guillemet : «personnelles».

[2] Pour que ça sonne bien, peut-être mettre «faute de mieux» immédiatement après «…ce qu’on appelle encore, faute de mieux, la Banque réseau». C’est une question de choix.

[3] Ce qui était corrigée, c’était, si je m’en souviens bien, les ports d’attache. La mise à jour de l’ancienneté n’avait pas été faite… Peut-être le préciser, même si on en parle au paragraphe suivant.

[4] Ce bout de phrase, vu son importance, je le soulignerais ou le mettrais en gras, ou les deux!

[5] Il y a beaucoup de «qui», de «leur»… de complément d’objet dans cette courte phrase. Peut-être formuler dans le style suivant : «Vérification auprès de l’arrondissement : on nous dit ne pas vouloir perdre des auxiliaires que l’on a formé et en avoir informé le responsable de la Banque réseau. Ce dernier, pour complaire à l’arrondissement, a octroyé des ports d’attache dans l’arrondissement à ces auxiliaires.»

lundi 9 juin 2008

Des nouvelles de Rosemont


Les aides-bibliothécaires de la bibliothèque Rosemont ont appris, avec consternation, que trois nouveaux cadres seront embauchés dans notre arrondissement à titre de « Chefs de section - Bibliothèques. » Trois cadres de plus dans un seul arrondissement, ça me semble ÉNORME. L’arrondissement Rosemont-La-Petite-Patrie ne cesse de voir augmenter les besoins en services municipaux de sa population et aurait d’avantage besoin de nouveaux cols blancs que de cadres.

La bibliothèque Rosemont sera la première à être « analysée, gérée, contrôlée et évaluée » par la ou le nouveau gestionnaire. Son entrée devrait s’effectuer vers le mois de septembre. Il pourrait s’agir d’un ou d’une collègue de notre bibliothécaire responsable actuelle ou alors, d’une personne de l’extérieur qui, forcément, aurait besoin du support de notre bibliothécaire qui deviendrait alors bibliothécaire de référence ! Bonjour le malaise. À moins que l’on décide de la remplacer ou d’abolir son poste tout simplement. Nous sommes dans l’incertitude. Nous savons que notre syndicat ne représente pas les bibliothécaires mais nous pouvons nous demander si nous, les aides, nous seront protégés. Nos heures de travail n’ont cessées d’être diminuées et comprimées depuis janvier. Plusieurs remplacements ne sont pas comblés ou le sont partiellement.

Pour nourrir nos angoissantes questions, nous n’avons qu’à regarder ce qui s’est passé dernièrement dans l’arrondissement de Ville-Marie alors que des entrevues se sont tenues pour des postes d’aides-bibliothécaires sans que les postulants soient déjà dans le réseau des bibliothèques. La majeure partie des personnes reçues provenaient de l’externe. Le poste a été affiché mais est-ce qu’un bloc a été offert sur la banque réseau ? Non, parce que les postulants devaient être disponibles pour travailler en tout temps dans cet arrondissement. Ce qui leur permettra aussi, une fois embauchés, de se mettre disponibles sur la banque réseau.

Ce qui se passe dans Mercier-Hochelaga-Maisonneuve n’est pas plus encourageant. Si de plus en plus de bibliothèques se passent de la banque réseau pour combler leur besoin, comment les aides qui n’auront que quelques heures assurées pour l’été pourrons-t-il combler leur manque à gagner ? Alors que certains arrondissements peuvent s’échanger les employés pour des remplacements, l’arrondissement de Rosemont-La-Petite-Patrie continue de combler les demandes de remplacements par la banque réseau. Donc, notre possibilité de faire des heures dans le réseau continue de diminuer et l’arrondissement ne favorise en rien la mobilité interne de ses aides.

De plus, la création de la nouvelle bibliothèque devrait ouvrir de nouveaux postes qui seraient directement offerts sur la banque réseau, sans considération pour les employés déjà en place dans l’arrondissement.

En conclusion, bien sûr ça va mal dans plusieurs arrondissements côté bibliothèque mais ça ne va guère mieux dans les autres. C’est l’incohérence dans notre parcours professionnel, c’est la démobilisation des employés, lentement mais sûrement, un arrondissement à la fois. Bien que syndiqués, nous n’avons aucune certitude quand à notre possibilité de pouvoir continuer à travailler dans les bibliothèques avec un nombre d’heures acceptables. Et nous avons l’impression d’avoir de moins en moins de pouvoir pour nous défendre.

Mon point de vue est qu’il ne saurait y avoir un système de gestion des aides-bibliothécaires par arrondissement. Les conditions de mobilité et d’équité doivent être les mêmes pour tous sinon il y aura désolidarisation des employés et injustices flagrantes.

J’aimerais savoir ce que l’on peut et doit faire pour que cesse l’accroissement des chefs et la dissémination des indiens. Si les aides de chaque arrondissement continuent de vivre leur vinaigrette amère de manière isolée, les « gains majeures » ne veulent rien dire du tout pour les employés des bibliothèques. Qu’est-ce qu’il faut pour que notre syndicat impose le respect des travailleurs en bibliothèques?

Ouf !

vendredi 9 mai 2008

Les bibliothèques de Montréal : laisser pour compte? Un exemple: Le Prévost


Pour juger d’un service public comme les bibliothèques, il y a au moins deux facteurs importants qu’il faut considérer : le service fourni et les conditions de travail de celles et ceux qui sont en première ligne (aides-bibliothécaires, techinienNes et bibliothécaires).

Un article récent[1], basé sur les normes des grandes villes canadiennes et le Diagnostic des bibliothèques municipales de l’Île de Montréal posé en 2005, commente la situation de la bibliothèque Le Prévost. En fonction de la population desservie (80 000 dans le cas de Le Prévost), selon les normes canadiennes, la bibliothèque n’atteint que :

· 33 % en termes d’espace;

· 54 % en termes de collection (la norme canadienne prévoit 3 livres par habitant. Le Prévost n’en a que 1,5 alors que le ratio est de 7 livres par habitant dans les villes de Westmount, Pointe-Claire et Mont-Royal);

· 36 % en ressources professionnelles;

· 38 % en ressources cléricales.

Conclusion évidente : manque d’espace, manque de livres et manque de ressources humaines. Voilà pour le service fourni par la Ville de Montréal et ses arrondissements.

En ce qui a trait aux conditions de travail de celles et ceux qui sont en première ligne, c’est-à-dire nous, nous n’avons qu’à comparer deux chiffres : alors que Le Prévost n’atteint qu’environ 54 % des normes canadiennes en termes de collection, les ressources humaines sont de beaucoup plus déficientes (36 % en ressources professionnelles et 38 % en ressources cléricales). Donc, pas assez de livres eu égard à la population desservie et pas assez de travailleuses et travailleurs par rapport au nombre de livres!

Si on ajoute le fait qu’en augmentant le nombre d’heures d’ouverture publique des bibliothèques, on a diminué le nombre d’heures de travail fournie pour chaque heure d’ouverture publique[2], cela n’augure pas une éventuelle atteinte des normes canadiennes, bien au contraire.

Et tout ça basé sur les chiffres tout ce qu’il y a de plus officiel de la Ville de Montréal!

Pourtant, chaque parti politique municipal prétend faire de la culture une de ses priorités, quand il prendra le pouvoir…



[1] L’arrondissement envisage l’agrandissement de la bibliothèque Le Prévost, Progrès de Villeray, 16 septembre 2007.

[2] Par exemple, à la bibliothèque Côte-des-Neiges, à la session automne 2003 (38 heures hebdomadaires d’ouverture publique), chaque heure d’ouverture publique impliquait 11,9 heures travaillées par les aides-bibliothécaires alors qu’à la session hiver 2007 (47 heures hebdomadaires d’ouverture publique), chaque heure d’ouverture publique impliquait 10,9 heures travaillées par les aides-bibliothécaires : une (1) heure de moins de travail pour chaque heure d’ouverture publique!

Langelier, un aperçu


Que ce passe-t-il à Langelier ? À vrai dire on ne le sait pas trop. Mais ce qu'on sait n'est pas jojo. Faisons donc le point sur ce qui semble être la colonisation d'un service à la population par la gente administrative.

Premièrement souvenons-nous de la population de l'arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve (particulièrement des Amis de la Bibliothèque) qui s'est soulevée contre la menace d'abolissement de poste(s) de bibliothécaire dans leur quartier au début de l'année 2007. Cette abolition de poste(s) allait de paire avec la venu de nouveaux cadres sur le plancher des biliothèques. En gros on voulait enlever des employés d'expérience pour les remplacer par des dirigeants plus ou moins au fait des besoins de la population mais très au fait des volontés de l'arrondissement nouvellement constitué. Cette abolition fut avortée, mise en veilleuse pour être plus précis.

Suite à cette première tentative de mainmise sur les services accessibles à la population, l'arrondissement MHM récidive 6 mois plus tard avec la signature d'une lettre d'entente particulière avec notre syndicat. En réalité, on nous dit que l'arrondissement était tellement intransigeant que le syndicat ne put que plier et circonscrire les frivoles demandes de l'administration MHM dans cette lettre d'entente. Le résultat est qu'on érige des murs autour de l'arrondissement, on le particularise. On ne permet ni plus ni moins que l'inéquité au seins de l'arrondissement ; une désolidarisation des employés d'en-dedans contre ceux d'en-dehors.

Revenons à l'abolition de poste(s) de bibliothécaire et au pistonnage de cadre dans l'arrondissement. Bien que le poste de bibliothécaire ne soit pas encore aboli, ce ne pourrait être que partie remise de la part de l'arrondissement. Parce que la nouvelle cadre sur le plancher depuis quelques mois menace directement un poste : pourquoi payer deux fois pour le même service, « exit » l'ancienne bibliothécaire responsable. Ensuite, cette cadre privilégie certains employés au détriment des autres. À Langelier, les employés lésés contribuent même à former les employés pistonnés par l'administration. Ensuite, et nous finirons sur cette note joyeuse, la cadre a entrepris des rénovations pour avoir un bureau à sa convenance, seillant à ses fonctions. Sachant les trops maigres budgets alloués aux bibliothèques, reconnaissons l'importance de tels travaux pour le maintient de la qualité des services offerts à la popultion.

mercredi 9 janvier 2008

Déshabiller Jacques pour habiller Paul


Il n’y a pas de fumée sans feu.Mais si l’on ne se concentre que sur lafumée, le feu n’a plu qu’à tout consumer.Ainsi en a-t-il été de la Banque réseau.

Rumeur. Dans un Dernière heure, daté du 18 octobre 2007, nous annoncions que la décision de dissoudre la Banque réseau, le 1er janvier 2008, avait été prise. La réaction de notre syndicat fut de traiter cette information comme une rumeur simplement malveillante qu’il fallait faire taire. Puisqu’il y avait la lettre d’entente,il y aurait la Banque réseau.Pour dissiper la fumée, on mandata lecomité ad hoc sur la lettre d’entente d’une mission de pompier.

Le feu. Pendant ce temps, les arrondissements entretenaient les flammes et se créaient des banques prévisionnelles d’aides-bibliothécaires.

2008 est arrivé. Des bibliothèques font des demandes de remplacements auprès de la Banque réseau et se font répondre de diriger ces demandes vers les arrondissements.

Et voilà que ceux-ci, pleins de ce nouveau pouvoir, ne connaissent rien sur la manière de l’appliquer. Démuni-es, les bibliothécaires s’adressent à leur chef de section qui leur revoie la balle. On leur dit de téléphoner aux autres bibliothèques pour voir si elles peuvent fournir du personnel.

Souvent, cette tâche se retrouve entre les mains des bibliothecniciens-nes qui doivent jouer aux agents de personnel (sans le titre ni le salaire, évidemment). Ironie du sort, il est même arrivé que ce téléphone ait été fait par une personne qui avait participé au comité chargé de combattre la rumeur.

Déjà à cours de personnel, voilà que des bibliothèques se voient demander de dégarnir leur rang pour tenter d’en aider une autre en plus piteux état. Prises de court, les bibliothèques suscitées refilent le plus souvent des noms de personnes qui parfois travaillent chez elles de façon ponctuelle.

Pendant ce temps, on ne tient plus compte de la liste d’appels, notre rang sur cette liste n’a plus aucune réalité, notre ancienneté ne joue plus, on ne sait rien du cumul d’heure, etc.…

À déshabiller Jacques pour habiller Paul, tout le monde se retrouvedans un joli bourbier.

lundi 17 septembre 2007

Fatalité et résignation


La fatalité, c’est quelque chose d’inéluctable. La résignation, c’est une attitude devant les évènements de la vie, une attitude de soumission.

Par exemple, tentons un petit jeu de rôle.

Vous êtes le maire de Montréal et vous avez un syndicat de fonctionnaires «col blanc» devant vous. Il y a de quoi avoir peur de cette force potentielle : entre 7 000 et 9 000 travailleuses et travailleurs qui peuvent bloquer toute l’administration municipale (la perception des taxes, les finances, l’administration de la Cour municipale, l’inspection des bâtiments, Accès-Montréal, le 9-1-1, la gestion des sports, des loisirs et de la culture, le stationnement, etc.). Même l’émission de votre chèque de paye de maire deviendrait problématique. Cela pourrait être catastrophique… Alors vous vous dites : "je vais négocier en tentant de sauver les meubles".

Puis, vous vous penchez sur l’histoire de ce syndicat «col blanc». Vous vous rendez compte qu’en plus de 25 ans, lors des négociations, ce syndicat n’a pratiquement jamais fait de moyens de pression et ne compte aucune journée de grève. Vous savez aussi (parce que vous le savez…) que lors de leurs assemblées générales, il ne rassemble qu’environ 2 % des membres : aucune mobilisation.

Alors, comme on dit au hockey, vous venez de grandir de deux pieds et, gentleman, vous offrez une augmentation salariale de… 0 %! Et vous vous dites que ces fonctionnaires devraient se compter chanceux que vous ne diminuiez pas leurs salaires.

Il y a un dicton au baseball qui soutient que «good guys never win»! (Les bons gars ne gagnent jamais)

Maintenant, disons que vous êtes un maire d’arrondissement. Vous voulez vous bâtir un fief à toute épreuve et régner en roi et maître. Mais il y a ce syndicat… Vous aussi, vous savez que ce syndicat n’est pas, pour utiliser un euphémisme, très militant. Alors, vous faites un premier test.

Même si la loi dit que le seul pouvoir que vous avez, en tant qu’arrondissement, est celui de négocier (pas d’imposer!), vous imposez quand même, sans avertir le syndicat, une petite augmentation d’heures d’ouverture publique dans les bibliothèques. Personne ne bronche. Bien sûr, le syndicat aurait pu tenter de négocier ne serait-ce qu’une augmentation du nombre de permanents, mais il ne fait rien. En tant que maire, vous vous dites que ça confirme que vous avez tous les pouvoirs. Alors pourquoi pas une deuxième augmentation unilatérale d’heures d’ouverture publique,puis une troisième et une quatrième… Vous le faites et… personne ne bronche. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes même si le nombre d’heures de travail fait par les auxiliaires est passé d’environ 45 % à environ 60 %!

Alors, vous décidez que la Banque réseau nuit à l’exercice de votre pouvoir puisqu’elle permet une certaine liberté à «vos» travailleuses et travailleurs : ils peuvent aller voir ailleurs et même – oh horreur! – changer de port d’attache. En bon «freak control», vous voulez faire sauter la Banque réseau. Cependant, dans un geste de grande mansuétude, vous convoquez le syndicat pour négocier. Il se rebelle un peu et, à votre grande surprise… le syndicat signe un texte que vous avez vous-même écrit et qui vous donne une juridiction d’arrondissement sur les auxiliaires. Ces derniers sont maintenant pris dans un tout petit enclos et ne pourront, dans la pratique, presque pas en sortir. Ils sont piégés et dépendants de vous.

En tant que dirigeant de l’arrondissement, vous vous dites pourquoi s’arrêter en si bon chemin? Comme un enfant, vous voulez connaître les limites… vous voulez surtout savoir s’il y a des limites. Ainsi, vous commencez à faire des remplacements en déplaçant, la journée même, des auxiliaires d’une bibliothèque à l’autre de votre arrondissement. Personne ne bronche, tout va bien. Vous décidez de pousser un peu plus : vous refusez un congé selon la loi 128 demandé un mois d’avance sous prétexte que vous ne pourrez pas remplacer le travailleur (même si vous avez obtenu la gestion d’une «banque réseau d’arrondissement», même si vous déplacez les gens d’une bibliothèque à l’autre, même si il reste un mois pour combler le congé, etc.). Personne ne bronche, tout va plus que bien.

«Good guys never win!»

Et les syndiquéEs auxiliaires, dans tout ça? Malgré certaines augmentations de salaire, ils ont perdu énormément de pouvoir d’achat ces dernières années, ils s’appauvrissent. Leur charge de travail augmente sans cesse. Ils deviennent de plus en plus des travailleurs spécialisés utilisant une technologie en évolution et assume de plus en plus de responsabilités sans compensation ni reconnaissance. Ils utilisent une deuxième langue sans prime (tous les fonctionnaires bilingues de tous les gouvernements ont une prime au bilinguisme). Ils se font refuser des congés auxquels ils ont droit. Ils vont devenir membres d’équipes volantes. Ils travaillent soirs et fins de semaine sans compensation. Celles et ceux qui travaillent 5 jours / semaine n’ont que très rarement la chance d’avoir deux jours de congé consécutifs (sauf dans le cas de postes corpo), etc. Et, la cerise sur le gâteau, ils ne voient pas la possibilité, avant de très nombreuses années, de devenir permanents.

Pourtant la Ville et les arrondissements ont de l’argent et même beaucoup. Les éluEs se votent des augmentations de salaire (20% dans certains cas), ils aménagent des bureaux d’arrondissement au coût de 20 millions, ils engagent des cadres à tel point qu’il devient difficile de les compter et de savoir qui est responsable de quoi…

Et les syndiquéEs auxiliaires, dans tout ça? Ils grognent bien un peu dans leur coin, surtout quand ils sont seuls derrière une étagère, mais ils ne vont pas plus loin et ils continuent de travailler avec le sourire. Cette attitude permet à nos patrons de penser que le syndicat n’est qu’une addition d’individus serviles qui ne sont pas solidaires. Quant aux dirigeants du syndicat, ils sont en mesure de penser la même chose puisque lorsque, par exemple, ils signent une lettre d’entente qui va à l’encontre des intérêts et de la volonté unanime des syndiqués (pourquoi d’ailleurs ont-ils fait ça???), personne ne bronche et personne ne vient les remettre à leur place, c’est-à-dire leur rappeler qu’ils devraient agir comme des porte-parole des syndiquéEs et non pas comme un deuxième patron.

Il y aurait amplement de quoi monter aux barricades! Mais ce qu’il faut retenir, c’est que ce qui se passe ne découle pas d’une fatalité mais d’un laisser-faire.

Sommes-nous résignés?

Dans ce syndicat, comme dans tous les syndicats, le pouvoir appartient aux membres, quoique certains voudraient faire croire le contraire. Évidemment, si les membres n’utilisent pas leur pouvoir, ce pouvoir s’atrophie, comme tous les organes qui ne sont pas utilisés, il s’atrophie jusqu’à disparaître. Et ce qui se passe devient ce qu’on s’imagine être une fatalité pour laquelle on doit se résigner. Quand on laisse aux autres le pouvoir sur nos conditions de travail et de vie, il ne sert à rien de grogner dans son coin : cela n’aura aucun impact.

Que diriez-vous de se tenir debout ensemble plutôt que d’être individuellement résignés et à genoux?

Comme disait Garfield : «Vieillir est une fatalité, grandir est un choix.»

samedi 8 septembre 2007

La main gauche et la main droite


Depuis que l'ancienne Ville de Montréal a volé en éclat pour devenir un ensemble de fiefs (que l'on nomme pudiquement arrondissements), les fonctionnaires permanents se retrouvent assujettis et pratiquement ligotés au nouveau territoire où ils travaillent. Il est pratiquement impossible pour eux d'entrevoir l'ombre de la possibilité d'un quelconque mouvement vers un autre endroit de ce qui fut une ville. Cette situation fut définitivement coulée dans le béton lorsque le Syndicat des fonctionnaires municipaux de Montréal (SFMM) signa une lettre d'entente qui modifiait radicalement l'article 19 portant sur le comblement de poste.

Pour nous, fonctionnaires auxiliaires travaillant dans les bibliothèques de l'ancienne Ville de Montréal, la situation est différente. Nous bénéficions toujours d'une lettre d'entente particulière qui, grâce à l'existence d'une Banque réseau, fait encore de nous des employé-es en mesure de se déplacer à travers les 9 arrondissements qui formaient Montréal. Cette lettre d'entente aurait dû être renégociée dans les 6 mois suivant la signature de la convention en décembre 2003.Ce qui, on le constate, ne fut pas fait.

Malgré le fait que le syndicat ne semblait pas bouger, les arrondissements, eux, ne sont pas demeurés inactifs. Ainsi, une note de service d'avril 2004 faisait état d'une réunion de chefs de division où s'exprimait clairement l'intention d'abolir la Banque réseau au profit d'une gestion par arrondissement ainsi que la volonté de comptabiliser l'ancienneté par arrondissement.

Ce n'est qu'en janvier 2005 que le SFMM met sur pied un comité pour le renouvellement de notre lettre d'entente. Comme nous apprenons l'existence de ce comité par un fax qui demandent de lui faire parvenir des suggestions, des aide-bibliothécaires auxiliaires se réunissent et élaborent un certain nombre de points qui, d'après eux, pourraient améliorer leurs conditions de travail. Mais, il apparaît très vite que le soit-disant comité n'a pas vraiment l'intention d'écouter qui que ce soit pour la rédaction du nouveau projet.

Réunions, pétition, pressions finissent par avoir raison du comité. Une réunion des délégué-es et de personnes ressources, mettant au point un projet de lettre d'entente, sera finalement suivie d'une Assemblée "sectorielle" des membres pour approuver le texte élaboré. Mauvais copier-coller de la part du comité du SFMM, le projet est de nouveau reformulé pour être conforme a ce qui a été mis de l'avant au cours de la réunion précédente. Adopté à l'unanimité, le texte de lettre d'entente devra faire l'objet de deux autres réécritures pour finalement ressembler à ce qui avait été voté.

Ce projet a pour axe principal l'existence de la Banque réseau et, par conséquent, le refus du casernement en arrondissement.

Suite à la consultation du SFMM auprès de ses membres pour le renouvellement de la convention collective qui est échue,rappelons-le, depuis décembre 2006, ce besoin de briser l'enfermement semble quelque chose de généralisé. "La problématique reliée aux mouvements de personnel et notamment la mobilité de la main d'oeuvre dans l'ensemble de la Ville et non pas seulement dans les seuls arrondissements ou services" est au coeur des demandes formulées dans le projet déposé auprès de l'employeur, dixit l'Info-négo 2007, no 1.

Or voilà que, subitement, nous apprenons l'existence d'une lettre d'entente "intérimaire" (en vigueur de juin 2007 à décembre 2007) qui a pour effet de consacrer la priorité de l'arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve sur la Banque réseau, ce qui est en contradiction flagrante avec la volonté exprimée par les aide-bibliothécaires lors de l'Assemblée "sectorielle" de juin 2005.

À quoi devons-nous nous attendre si LA MAIN DROITE NE SAIT PLUS CE QUE FAIT LA MAIN GAUCHE ?!!