Affichage des articles dont le libellé est Pouvoir. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Pouvoir. Afficher tous les articles

lundi 9 juin 2008

Des nouvelles de Rosemont


Les aides-bibliothécaires de la bibliothèque Rosemont ont appris, avec consternation, que trois nouveaux cadres seront embauchés dans notre arrondissement à titre de « Chefs de section - Bibliothèques. » Trois cadres de plus dans un seul arrondissement, ça me semble ÉNORME. L’arrondissement Rosemont-La-Petite-Patrie ne cesse de voir augmenter les besoins en services municipaux de sa population et aurait d’avantage besoin de nouveaux cols blancs que de cadres.

La bibliothèque Rosemont sera la première à être « analysée, gérée, contrôlée et évaluée » par la ou le nouveau gestionnaire. Son entrée devrait s’effectuer vers le mois de septembre. Il pourrait s’agir d’un ou d’une collègue de notre bibliothécaire responsable actuelle ou alors, d’une personne de l’extérieur qui, forcément, aurait besoin du support de notre bibliothécaire qui deviendrait alors bibliothécaire de référence ! Bonjour le malaise. À moins que l’on décide de la remplacer ou d’abolir son poste tout simplement. Nous sommes dans l’incertitude. Nous savons que notre syndicat ne représente pas les bibliothécaires mais nous pouvons nous demander si nous, les aides, nous seront protégés. Nos heures de travail n’ont cessées d’être diminuées et comprimées depuis janvier. Plusieurs remplacements ne sont pas comblés ou le sont partiellement.

Pour nourrir nos angoissantes questions, nous n’avons qu’à regarder ce qui s’est passé dernièrement dans l’arrondissement de Ville-Marie alors que des entrevues se sont tenues pour des postes d’aides-bibliothécaires sans que les postulants soient déjà dans le réseau des bibliothèques. La majeure partie des personnes reçues provenaient de l’externe. Le poste a été affiché mais est-ce qu’un bloc a été offert sur la banque réseau ? Non, parce que les postulants devaient être disponibles pour travailler en tout temps dans cet arrondissement. Ce qui leur permettra aussi, une fois embauchés, de se mettre disponibles sur la banque réseau.

Ce qui se passe dans Mercier-Hochelaga-Maisonneuve n’est pas plus encourageant. Si de plus en plus de bibliothèques se passent de la banque réseau pour combler leur besoin, comment les aides qui n’auront que quelques heures assurées pour l’été pourrons-t-il combler leur manque à gagner ? Alors que certains arrondissements peuvent s’échanger les employés pour des remplacements, l’arrondissement de Rosemont-La-Petite-Patrie continue de combler les demandes de remplacements par la banque réseau. Donc, notre possibilité de faire des heures dans le réseau continue de diminuer et l’arrondissement ne favorise en rien la mobilité interne de ses aides.

De plus, la création de la nouvelle bibliothèque devrait ouvrir de nouveaux postes qui seraient directement offerts sur la banque réseau, sans considération pour les employés déjà en place dans l’arrondissement.

En conclusion, bien sûr ça va mal dans plusieurs arrondissements côté bibliothèque mais ça ne va guère mieux dans les autres. C’est l’incohérence dans notre parcours professionnel, c’est la démobilisation des employés, lentement mais sûrement, un arrondissement à la fois. Bien que syndiqués, nous n’avons aucune certitude quand à notre possibilité de pouvoir continuer à travailler dans les bibliothèques avec un nombre d’heures acceptables. Et nous avons l’impression d’avoir de moins en moins de pouvoir pour nous défendre.

Mon point de vue est qu’il ne saurait y avoir un système de gestion des aides-bibliothécaires par arrondissement. Les conditions de mobilité et d’équité doivent être les mêmes pour tous sinon il y aura désolidarisation des employés et injustices flagrantes.

J’aimerais savoir ce que l’on peut et doit faire pour que cesse l’accroissement des chefs et la dissémination des indiens. Si les aides de chaque arrondissement continuent de vivre leur vinaigrette amère de manière isolée, les « gains majeures » ne veulent rien dire du tout pour les employés des bibliothèques. Qu’est-ce qu’il faut pour que notre syndicat impose le respect des travailleurs en bibliothèques?

Ouf !

vendredi 9 mai 2008

Langelier, un aperçu


Que ce passe-t-il à Langelier ? À vrai dire on ne le sait pas trop. Mais ce qu'on sait n'est pas jojo. Faisons donc le point sur ce qui semble être la colonisation d'un service à la population par la gente administrative.

Premièrement souvenons-nous de la population de l'arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve (particulièrement des Amis de la Bibliothèque) qui s'est soulevée contre la menace d'abolissement de poste(s) de bibliothécaire dans leur quartier au début de l'année 2007. Cette abolition de poste(s) allait de paire avec la venu de nouveaux cadres sur le plancher des biliothèques. En gros on voulait enlever des employés d'expérience pour les remplacer par des dirigeants plus ou moins au fait des besoins de la population mais très au fait des volontés de l'arrondissement nouvellement constitué. Cette abolition fut avortée, mise en veilleuse pour être plus précis.

Suite à cette première tentative de mainmise sur les services accessibles à la population, l'arrondissement MHM récidive 6 mois plus tard avec la signature d'une lettre d'entente particulière avec notre syndicat. En réalité, on nous dit que l'arrondissement était tellement intransigeant que le syndicat ne put que plier et circonscrire les frivoles demandes de l'administration MHM dans cette lettre d'entente. Le résultat est qu'on érige des murs autour de l'arrondissement, on le particularise. On ne permet ni plus ni moins que l'inéquité au seins de l'arrondissement ; une désolidarisation des employés d'en-dedans contre ceux d'en-dehors.

Revenons à l'abolition de poste(s) de bibliothécaire et au pistonnage de cadre dans l'arrondissement. Bien que le poste de bibliothécaire ne soit pas encore aboli, ce ne pourrait être que partie remise de la part de l'arrondissement. Parce que la nouvelle cadre sur le plancher depuis quelques mois menace directement un poste : pourquoi payer deux fois pour le même service, « exit » l'ancienne bibliothécaire responsable. Ensuite, cette cadre privilégie certains employés au détriment des autres. À Langelier, les employés lésés contribuent même à former les employés pistonnés par l'administration. Ensuite, et nous finirons sur cette note joyeuse, la cadre a entrepris des rénovations pour avoir un bureau à sa convenance, seillant à ses fonctions. Sachant les trops maigres budgets alloués aux bibliothèques, reconnaissons l'importance de tels travaux pour le maintient de la qualité des services offerts à la popultion.

Le bonheur ne dure jamais longtemps


En janvier dernier, l’arrondissement CDN tentait un coup de force: ouvrir les bibliothèques le dimanche de Pâques. Devant cette aberration, les représentants syndicaux de l’arrondissement firent savoir que la Convention collective prévoyait, dans l’annexe G, au point 1.06, que les bibliothèques devaient être fermées le jour de Pâques. Fin de la discussion.

Début mars. La mairesse de l’arrondissement du Bonheur durable (AH-CA), constatant que les bibliothèques de son arrondissement seraient fermées durant cette période, décide de leur ouverture au cours des jours fériés en ajoutant le jour de Pâques.

Ayant dépassé, et de loin, les délais permis pour imposer cette décision, l’affectation au travail devait se faire sur une base volontaire. Mais la perspective d’une ouverture la journée de Pâques a soulevé le même tollé de protestation qu’à CDN. Et on ressort l’Annexe G, point 1.06 de la convention.

Pour appuyer sa fin de nonrecevoir en ce qui a trait à cette ouverture pascale, le délégué syndical de la bibliothèque Salaberry s’empresse d’aller vérifier, sur le site Internet du SFMM, le libellé de la nouvelle Convention, signée à la fin février.

Et oups … voilà la surprise! La nouvelle Convention a amputé le fameux point 1.06 de l’Annexe G. Si CDN, en décidant en janvier l’ouverture à Pâques, avait pu être remis à sa place, voilà qu’en mars, AH/CA, le fief du Bonheur durable, pouvait se permettre de le faire sans que nous ayons le moindre recours puisque, dans la Loi régissant les normes minimales du travail, Pâques n’est pas considéré comme un jour férié. Probablement que le législateur croyait que cela allait de soit.

Lors de l’Assemblée extraordinaire du 29 janvier dernier, alors que l’on nous présentait les modifications apportées à la Convention, il n’a jamais été question de la disparition de ce point. Erreur … de jugement ou omission volontaire?

Toujours est-il que cette disparition entraînera pour nous quelques conséquences fâcheuses. En effet, le point 1.06 ne touchait pas seulement le congé de Pâques. Il traitait aussi de la période de Noël et de celle du Jour de l’An.


lundi 17 septembre 2007

Fatalité et résignation


La fatalité, c’est quelque chose d’inéluctable. La résignation, c’est une attitude devant les évènements de la vie, une attitude de soumission.

Par exemple, tentons un petit jeu de rôle.

Vous êtes le maire de Montréal et vous avez un syndicat de fonctionnaires «col blanc» devant vous. Il y a de quoi avoir peur de cette force potentielle : entre 7 000 et 9 000 travailleuses et travailleurs qui peuvent bloquer toute l’administration municipale (la perception des taxes, les finances, l’administration de la Cour municipale, l’inspection des bâtiments, Accès-Montréal, le 9-1-1, la gestion des sports, des loisirs et de la culture, le stationnement, etc.). Même l’émission de votre chèque de paye de maire deviendrait problématique. Cela pourrait être catastrophique… Alors vous vous dites : "je vais négocier en tentant de sauver les meubles".

Puis, vous vous penchez sur l’histoire de ce syndicat «col blanc». Vous vous rendez compte qu’en plus de 25 ans, lors des négociations, ce syndicat n’a pratiquement jamais fait de moyens de pression et ne compte aucune journée de grève. Vous savez aussi (parce que vous le savez…) que lors de leurs assemblées générales, il ne rassemble qu’environ 2 % des membres : aucune mobilisation.

Alors, comme on dit au hockey, vous venez de grandir de deux pieds et, gentleman, vous offrez une augmentation salariale de… 0 %! Et vous vous dites que ces fonctionnaires devraient se compter chanceux que vous ne diminuiez pas leurs salaires.

Il y a un dicton au baseball qui soutient que «good guys never win»! (Les bons gars ne gagnent jamais)

Maintenant, disons que vous êtes un maire d’arrondissement. Vous voulez vous bâtir un fief à toute épreuve et régner en roi et maître. Mais il y a ce syndicat… Vous aussi, vous savez que ce syndicat n’est pas, pour utiliser un euphémisme, très militant. Alors, vous faites un premier test.

Même si la loi dit que le seul pouvoir que vous avez, en tant qu’arrondissement, est celui de négocier (pas d’imposer!), vous imposez quand même, sans avertir le syndicat, une petite augmentation d’heures d’ouverture publique dans les bibliothèques. Personne ne bronche. Bien sûr, le syndicat aurait pu tenter de négocier ne serait-ce qu’une augmentation du nombre de permanents, mais il ne fait rien. En tant que maire, vous vous dites que ça confirme que vous avez tous les pouvoirs. Alors pourquoi pas une deuxième augmentation unilatérale d’heures d’ouverture publique,puis une troisième et une quatrième… Vous le faites et… personne ne bronche. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes même si le nombre d’heures de travail fait par les auxiliaires est passé d’environ 45 % à environ 60 %!

Alors, vous décidez que la Banque réseau nuit à l’exercice de votre pouvoir puisqu’elle permet une certaine liberté à «vos» travailleuses et travailleurs : ils peuvent aller voir ailleurs et même – oh horreur! – changer de port d’attache. En bon «freak control», vous voulez faire sauter la Banque réseau. Cependant, dans un geste de grande mansuétude, vous convoquez le syndicat pour négocier. Il se rebelle un peu et, à votre grande surprise… le syndicat signe un texte que vous avez vous-même écrit et qui vous donne une juridiction d’arrondissement sur les auxiliaires. Ces derniers sont maintenant pris dans un tout petit enclos et ne pourront, dans la pratique, presque pas en sortir. Ils sont piégés et dépendants de vous.

En tant que dirigeant de l’arrondissement, vous vous dites pourquoi s’arrêter en si bon chemin? Comme un enfant, vous voulez connaître les limites… vous voulez surtout savoir s’il y a des limites. Ainsi, vous commencez à faire des remplacements en déplaçant, la journée même, des auxiliaires d’une bibliothèque à l’autre de votre arrondissement. Personne ne bronche, tout va bien. Vous décidez de pousser un peu plus : vous refusez un congé selon la loi 128 demandé un mois d’avance sous prétexte que vous ne pourrez pas remplacer le travailleur (même si vous avez obtenu la gestion d’une «banque réseau d’arrondissement», même si vous déplacez les gens d’une bibliothèque à l’autre, même si il reste un mois pour combler le congé, etc.). Personne ne bronche, tout va plus que bien.

«Good guys never win!»

Et les syndiquéEs auxiliaires, dans tout ça? Malgré certaines augmentations de salaire, ils ont perdu énormément de pouvoir d’achat ces dernières années, ils s’appauvrissent. Leur charge de travail augmente sans cesse. Ils deviennent de plus en plus des travailleurs spécialisés utilisant une technologie en évolution et assume de plus en plus de responsabilités sans compensation ni reconnaissance. Ils utilisent une deuxième langue sans prime (tous les fonctionnaires bilingues de tous les gouvernements ont une prime au bilinguisme). Ils se font refuser des congés auxquels ils ont droit. Ils vont devenir membres d’équipes volantes. Ils travaillent soirs et fins de semaine sans compensation. Celles et ceux qui travaillent 5 jours / semaine n’ont que très rarement la chance d’avoir deux jours de congé consécutifs (sauf dans le cas de postes corpo), etc. Et, la cerise sur le gâteau, ils ne voient pas la possibilité, avant de très nombreuses années, de devenir permanents.

Pourtant la Ville et les arrondissements ont de l’argent et même beaucoup. Les éluEs se votent des augmentations de salaire (20% dans certains cas), ils aménagent des bureaux d’arrondissement au coût de 20 millions, ils engagent des cadres à tel point qu’il devient difficile de les compter et de savoir qui est responsable de quoi…

Et les syndiquéEs auxiliaires, dans tout ça? Ils grognent bien un peu dans leur coin, surtout quand ils sont seuls derrière une étagère, mais ils ne vont pas plus loin et ils continuent de travailler avec le sourire. Cette attitude permet à nos patrons de penser que le syndicat n’est qu’une addition d’individus serviles qui ne sont pas solidaires. Quant aux dirigeants du syndicat, ils sont en mesure de penser la même chose puisque lorsque, par exemple, ils signent une lettre d’entente qui va à l’encontre des intérêts et de la volonté unanime des syndiqués (pourquoi d’ailleurs ont-ils fait ça???), personne ne bronche et personne ne vient les remettre à leur place, c’est-à-dire leur rappeler qu’ils devraient agir comme des porte-parole des syndiquéEs et non pas comme un deuxième patron.

Il y aurait amplement de quoi monter aux barricades! Mais ce qu’il faut retenir, c’est que ce qui se passe ne découle pas d’une fatalité mais d’un laisser-faire.

Sommes-nous résignés?

Dans ce syndicat, comme dans tous les syndicats, le pouvoir appartient aux membres, quoique certains voudraient faire croire le contraire. Évidemment, si les membres n’utilisent pas leur pouvoir, ce pouvoir s’atrophie, comme tous les organes qui ne sont pas utilisés, il s’atrophie jusqu’à disparaître. Et ce qui se passe devient ce qu’on s’imagine être une fatalité pour laquelle on doit se résigner. Quand on laisse aux autres le pouvoir sur nos conditions de travail et de vie, il ne sert à rien de grogner dans son coin : cela n’aura aucun impact.

Que diriez-vous de se tenir debout ensemble plutôt que d’être individuellement résignés et à genoux?

Comme disait Garfield : «Vieillir est une fatalité, grandir est un choix.»